Posté par Stephanie Zwicky le 31 juil..

… et son temps pourri.

… and it’s awful weather.

Dernière tenue shootée dans ma cour avant la grande transhumance (réussie au passage).

En août c’est robette et chapeau de paille!

Merci pour tous vos messages, j’ai commencé mon repos.

This is the last outfit I shot in my yard before moving out (it’s a success by the way).

In August it’s all about the dress and the panama!

Thank you all for your kind words, I started to rest.

+ Robe et manteau Marina Rinaldi +

+ Collier Antik Batik +

+ Escarpins Steve Madden +

+ Access’: pochette friperie – bracelet vintage Chanel +

Posté par Stephanie Zwicky le 21 juil..

“… Car le jour où ses artisans de la Haute Couture l’auront quitté,
Paris ne sera plus Paris”.

Jean Bergeron

Il y a quelques semaines j’ai eu le privilège de visiter l’atelier du seul parurier à Paris qui travaille le métal et le cuir, l’Atelier Edgard Hamon.

J’étais très émue et respectueuse en pénétrant dans cet atelier qui est pour moi comme une sorte de grande bonbonnière où mes yeux n’ont cessé de briller à la découverte de se savoir faire centenaire.

Vous savez mon goût pour les créateurs, le savoir faire “tout fait main”, l’artisanat, et surtout la culture du passé. L’Atelier Edgard Hamon reflète tout cela, elle a vu le jour en 1919, ses premiers clients furent Chanel, Christian Dior puis Hubert de Givenchy, Yves Saint Laurent, Christian Lacroix,.. et bien d’autres maisons de Couture prestigieuses.

L’Atelier a débuté en fabricant les boutons de bottines, de guêtre, puis des brides lancées par Mistinguett dans les années 20.

A few weeks ago I had the honour of being invited to visit the only finery master in Paris who has the knowledge and skills to work metal and leather: the workshop of Edgar Hamon.

I was overwhelmed by my feelings: I was moved and at the same time couldn’t stop being so respectful of this place. I was like a child in candy store and my eyes were sparkling while discovering all this knowledge!

You all know how much I love designers and master in their field, the knowledge of “things hand-made”, the craft industry and mostly the will to ensure the continued existence of legacies from the past. Edgar Hamon’s workplace represents all that, it was founded in 1919 and its first customers were: Chanel, Christian Dior then Hubert de Givenchy, Yves Saint Laurent, Christian Lacroix… And some other prestigious houses followed.

The workshop started as manufacturer of buttons and boots, gaiters and then with reins when Mistinguett (famous French actress and singer) starting using those in the 20’s.

Dans ces ateliers sont créé les pièces qui ornent les ceintures, des bracelets, des colliers, des broches, tout ce qui peut entrer dans la réalisation des accessoires haut de gamme.

L’Atelier Edgard Hamon travaille en direct avec les créateurs qui transmettent leurs désirs et leurs idées d’accessoires pour compléter un défilé Haut de Couture ou leur collection de prêt-à-porter.

In these workshop are crafted the parts which ornate the belts, the bracelets, the necklaces, the brooches, anything that can be used in the crafting of luxury accessories.

The workshop Edgard Hamon works directly with designers who transmit their desires and ideas of accessories to add the finishing touch for a fashion show or for their collection of ready-to-wear clothes.

Ici un choix colossal de chaînes, de maillons, de strass Swarovski de toutes les couleurs, et des emportes pièces pour le cuir des ceintures. La ceinture devenue l’orgueil de l’atelier, tellement leur savoir faire est reconnu mais surtout indispensable dans le milieu de la Haute Couture.

Here there’s a huge choice of chains, Swarovski gems of every colours and die cutters for the belt’s leather. The belt is the item from which the workshop takes its pride from, the knowledge is worldwide known and is essential in the fashion world.

Selon les demandes des maisons de Couture les ouvrières réalisent des maquettes qui permettent de soumettre des premiers prototypes à leur client.

Une fois cette étape de réalisée et validée, les fondeurs et autres ouvriers peuvent alors confectionner, entièrement à la main, pièce par pièce les commandes du client.

En période de collections, cinq ouvrières supplémentaires viennent rejoindre les dix-huit personnes au total que compte l’Atelier Edgard Hamon. Cela me semble tellement peu, une petite ruche qui s’active frénétiquement, saison après saison, collection après collection.

J’ai peu observer le travail de quelques parurières, et j’admire cette patience, la finesse et l’ultra précision de leurs gestes. Ses personnes sont précieuses dans cette chaîne si fragile qu’est la Haute Couture, la maison a connu des passages difficiles mais depuis les années 2000 grâce à des personnes passionnées, l’atelier a retrouvé toute sa splendeur.

According to the demands the workers realize mockups which are the prototypes that are to be shown to customers.

Once this stage is cleared and validated, the foundry workers and the others can start hand-making each pieces requested by the customers.

When fashion week starts, 5 additional workers are hired as support for the other 18 ones who work fulltime at Edgard Hamon’s workshop. It seems so few for me! A small “hive” which work and produce so much, season after season, collection after collection.

I had the chance to observe some workers while they were performing their art and I can only admire their patience, the delicate and extremely precise realizations. These persons and to be more precise their knowledge and work are very precious and important in the Haute Couture field. The house went through hard times but since 2000, thanks to passionate people and generous sponsors, the workshop has regained all its magnificence.

Sur les murs de l’atelier, dans un coin, des messages de leurs clients, des remerciements, des encouragements.

Enfin quand les productions sont apparues dans les boutiques des clients, chaque pièce rejoint les vitrines showroom de l’atelier, comme des trophées exposés aux rares visiteurs.

Voilà j’espère vous avoir fait découvrir un peu l’envers du décor et un métier, savoir faire unique. Personnellement je ne connaissais pas cet Atelier, mais j’ai pourtant tout de suite reconnu certaines de leur fabrications, et c’est maintenant avec fierté  et un regard différent que j’admire les rares pièces que je possède dans ma boîte à bijoux.

Merci à l’Atelier Edgard Hamon de m’avoir invité.

On the walls, in a corner, one may read customer’s messages; mostly words of thanks and supports.

Finally when products are done and shown in the customer’s stores, every piece is put for display at the showroom, a bit like trophies exposed for the few selected visitors.

So, I hope I helped you discover a bit more this beautiful knowledge of crafting. I wasn’t familiar with this workshop’s name but I still recognized  at once some of their designs. And now it’s with pride and new eyes that I look at some of the very few rare pieces I own!

I would like to thank Edgard Hamon’s workshop to have invited me.

Edgard Hamon
Parurier à Paris depuis 1919
5, rue d’Uzès
75002 Paris

Posté par Stephanie Zwicky le 9 mai.

D’âge en âge on ne fait que changer de folie.

P.C. Nivelle De La Chaussée

Il revient chaque année, début mai, il ne m’oublie pas pourtant je ne lui cours plus après, le temps ajoute à mon compteur 1 an.

Quand j’était petite mon papa m’avait offert le plus incroyable des cadeaux, une piscine. Il l’avait creusé pendant des mois au milieu du jardin jusqu’à mon anniversaire où le dernier carrelage a été posé. Depuis à chaque 9 mai avec mes petits camarades de classe, on inaugurait la saison de la piscine avec un premier bain rafraîchissant pour fêter mon anniversaire.

Every year he’s back, at the beginning of May, he never forgets me, odd as I’m definitely not running after him… Time gave me again, as present, another year!

When I was little my dad gave me the most wonderful present: a swimming pool. He dug for month in the middle of our garden, until my birthday when the last tiling was laid. Even since, every May 9th with my little classmates, we inaugurated “the swimming pool time” with a first refreshing dive to celebrate my birthday.

Je n’ai pas envie de radoter et de dire “c’était mieux avant” mais je suis toujours très nostalgique de cette période de ma vie. Dieu que j’ai adoré être une enfant. Enfant on peut se permettre tant de choses, l’insouciance nous donne des ailes. Je vous ai déjà parlé ici, mais j’essaie de garder intacte mon âme d’enfant le plus longtemps possible. Aujourd’hui loin de ma famille, c’est me blottir contre ceux que j’aime qui me manque le plus. Faire des concessions dans sa vie d’adulte fut pour moi difficile car j’ai du m’éloigner de ma famille, partir dans un autre pays. Et c’est peut-être stupide mais je donnerai cher pour juste me serrer contre ma maman et fleurer son parfum rassurant, sentir sa main me caresser les cheveux et me dire “tout va bien se passer“.

Je suis une vraie torturée des anniversaires, ils me rendent nostalgique et plus le temps passe plus je vis ces années rajoutées de plus en plus mal. Alors je ferme les yeux et je m’entends dire fièrement “j’ai douze ans et demi“.

Donc aujourd’hui j’ai douze et demi et j’ai associé des coeurs à des rayures parce que j’en avais envie. Voilà!

I don’t want to twaddle and go on and say “it was better before” but I’m still very nostalgic of this period of my life. Gosh how I loved it when I was a child. When you’re a kid you can do so many things, the carefreeness gives you such a feeling of freedom. I already said this, but I try to keep intact my child’s soul as long as possible. Now being far from my family, what I miss the most is to snuggle up to the ones I love. Making concessions in my adult life has been hard for me because I had to go away from my family, and live in another country. And it might sound silly but I would give up so much just to hug tight my mother and smell her reassuring perfume, feel her hand going through my hair and say “everything is going to be all right”.

I’m a real “tortured birthday kind of person”, they’re making me so nostalgic and the more time goes by the more it’s hard for me to cop with the truth. That’s why I close my eyes and I tell myself proudly “I’m 12 years old and half!”.

So today I’m 12 years old and half and I mixed little hearts with stripes because I felt like doing so! Yayyyyyyy!

Je vous embrasse toutes et tous, merci à celles qui sont fidèles à ce blog que j’ai commencé à l’âge de 29 ans.

Big hugs to all of you and a big thank you to my faithful readers who’s been following my blog since I started it when I was 29.

Ps: tentez votre chance pour gagner votre paire de chaussures DUO favorite ici.

PS : try your luck and enter the competition to maybe win your fav’ shoes from the brand DUO here.

+ Top Clements Ribeiro x Evans +

+ Jupe rayée Dorothy Perkins +

+ Escarpins Chanel +

+ Access’: pochette American Apparel – ceinture Torrid – collier plexi h&m +

Posté par Stephanie Zwicky le 29 avril.

Avril se termine et je ne vous ai pas encore présenté la dernière revue de shoesing.

Bon j’avoue que je suis un peu triste car avec cette météo pourrie je n’ai pas encore pu porter ces merveilles, ou à de très rares occasions. Je suis en train de me dire que je devrai investir d’avantage dans des  chaussures fermées pour affronter la pluie mais cette idée ne met pas mon moral en transe.

Allez, en rêvant des tenues que je pourrai bientôt leur assortir voici mes dernières demoiselles adoptées…

April is about to end and I haven’t yet posted another “revue de shoesing”.

I have to say I’m a bit sad, the weather suck so much, so I wasn’t able to wear these marvels yet, or on some very rare occasions. I’m thinking that I will eventually have to invest in waterproof shoes (shoes that are not open like peep toe shoes, sandals, etc) but I have to say I’m not keen on the idea…

Oh well, while I dream with what outfit I’ll be able to wear them, here are my latest adopted darlings…

Revoir les Revues de shoesing précédentes >ici<

If you wish to see the last posts of “Revues de shoesing” please click here.

Souliers Chanel – collection printemps 2012

Chanel court shoes – 2012 spring collection

Sandales en cuir vernis orange – Minelli

Orange patent leather sandals – Minelli

Sandales C.Petula été 2012

C.Petula sandals 2012 summer collection

vues en look ici

wore in a outfit here

Escarpins à talons fluos – Wherelse for Mango Touch

Court shoes with fluorescent heels – Wherelse for Mango Touch

Issus de la collection capsule des blogueuses Andy, Chiara et Carolina

Collaboration done between Mango and the bloggers: Andy, Chiara and Carolina

Sandales à talons bronzes – Minelli

Sandals with bronze heels – Minelli

Spartiates brodés et décorées Riverisland chez Asos

River Island embroidered Roman sandals from Asos

(en ce moment -10% avec le code BONUS10 et -15% avec EXTRA15 valable jusqu’au 1er mai)

(Get 10% discount with the code BONUS10 and an extra 15% with the code EXTRA15, valid until May 1st)

Compensées talons en liège – Minelli

Wedges with cork heels – Minelli

déjà vues en look ici

wore in a outfit here

Sandales à plateaux – Minelli

Platform sandals – Minelli

*

Bon weekend à toutes et aux veinardes qui, comme moi, on peut faire le pont jusqu’à mercredi!

I hope you’ll all have a great weekend especially for the ones, like me, who have free time until next Wednesday!

Posté par Stephanie Zwicky le 19 mars.

Le style n’est pas une taille
mais une attitude

(english version here // version anglaise ici)

ENGLISH VERSION HERE

Il fallait bien que je finisse par l’écrire un jour ce billet. Mais j’ai longtemps attendu, parce que je ne veux pas qu’il soit lu comme une justification, ni comme une revendication, encore moins un pathos.

Sur ce blog je n’ai jamais prôné le surpoids, je n’ai jamais dit que c’était formidable d’être ronde ou grosse. Jamais, parce que ce n’est pas ce que je pense. Je ne suis pas militante, je ne suis pas ambassadrice, je suis simplement moi et c’est déjà ça.

La question que l’on me pose le plus souvent est “comment fais-tu pour t’assumer”? Et vous allez peut-être trouvé ça bizarre mais je trouve que c’est la question la plus stupide que l’on puisse me demander, et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

Ce n’est pas un secret j’ai derrière moi un passé de régimeuse classique, à savoir que déjà bien avant mon adolescence j’ai commencé à vouloir maigrir. Non pas que je fus très grosse à cette époque mais mes rondeurs de femmes précoces ont très vite été confondues avec le surpoids, et un jour un médecin a prononcé le mot qui a tout changé dans ma vie : ” Tu es obèse”. J’étais seule quand j’ai reçu ça en pleine figure, j’avais 12 ans et je suis rentrée chez moi en pleurant toutes les larmes de mon corps comme si on venait de m’annoncer que j’allais mourir.

Depuis ce jour, j’ai tout fait, absolument tout pour me débarrasser de mes kilos en trop, j’ai pris très tôt des coupes faim que je volais à ma mère. J’ai même pris des sortes d’éponges qui étaient censées gonfler dans l’estomac et vous couper la faim, bref j’ai copié l’exemple de ce que ma maman me montrait tous les jours, à savoir une femme mal dans son corps trop rond et en perpétuel recherche de beauté.

J’ai tout connu, les livres de régimes, les pilules miracles, la mono alimentation ( le régime vert, on ne mange que des aliments verts, le régime oeuf épinards à tous les repas y compris le matin, le régime crudité..), les méthodes 3 jours, 6 jours, 3 mois… Je suis devenue une obsédée de la nourriture. Moi qui aimait manger les délicieux repas que me préparait mon papa avec amour sont devenus du jour au lendemain mes pires ennemis.

A l’âge de 12 ans je suis devenue la parfaite petite junkie des régimes!

A 15 ans, j’en étais déjà à mon 10ème régime, j’ai perdu, j’ai repris le double. Pourtant je n’étais toujours pas grosse. Je me souviens que j’avais 5 kg de différence avec ma meilleure amie. Mais elle n’avait pas de seins, moi si, elle n’avait pas de hanches, moi si, elle n’avait pas de cuisses, moi si.

Le regard des hommes plus âgés s’est très vite posé sur moi, c’est plus tard que j’ai compris pourquoi! A 16 ans je rentrais facilement en boîte de nuit parce qu’on me donnait 18 ans, dans leurs yeux j’étais une femme désirable avec ses formes. Pour moi je n’étais qu’une rondouillarde qui devait maigrir.

Ma mère s’est mise très tôt à m’inscrire à de nombreux concours de beauté et m’a fait devenir modèle photo. J’avais ça dans le sang, j’aimais poser, en vacances les photographes sur les plages s’arrêtaient des heures car je jouais la starlette, je tapais la pose façon pin up alors que je n’étais qu’une enfant. J’ai participé à des élections de Miss.. miss machin, miss truc et même Miss OK!

J’ai remporté la demie finale pour la Suisse et je me suis retrouvée avec Flavie Flament cette année là pour la grande finale de Miss OK Podium… Sauf que non, j’avais menti sur mon poids, je pesais à cette époque 6 kg de plus que Flavie et me retrouver parmi d’autres filles plus minces que moi m’était alors insupportable.

Je vous passe le reste de mon adolescence, elle ne fut que course aux kilos, du mal être. C’était le chaos en moi pourtant à l’extérieur j’étais belle, souriante et pleine de vie. Personne n’imaginait à quel point je souffrais.

Le summum fut certainement la fois où une des mes pires ennemis, jalouse parce que je lui avais piqué son petit copain, est venue taguer le container à poubelles devant chez moi avec ces mots: ” ton profil c’est les Alpes!! ” et un immense dessin de mes seins, mon ventre et mes cuisses.

Mon père a vite tout effacé mais le mal était déjà fait, j’étais blessée au plus profond de mon âme et dans ma tête je suis passée dans le camp de la “Grosse”.

Aujourd’hui je me rends compte à quel point tout cela était stupide, que si j’avais été plus dure et plus préparée à ça je l’aurais peut-être encaissé différemment. Mais l’adolescence est une période d’immense fragilité, même si on se sent prêt à abattre des montagnes, intérieurement c’est faux, nous ne sommes encore que des enfants fragiles. J’avais besoin de ma maman, j’aurais eu besoin qu’elle me dise que tout cela n’était pas grave, que mon corps allait changer, mais elle était à ce moment encore plus perdue que moi. Elle ne m’a jamais freiné quand elle me voyait au régime, je lui renvoyais sa propre image, je lui ressemble tellement que je comprends que tout cela a du être très perturbant pour elle aussi.

Ce qui a fait la différence ce sont les mots de ma maman, elle me répétait sans cesse :” Tu es si belle“. Ces mots glissaient sur moi à l’époque, je ne comprenais pas pourquoi elle me trouvait jolie alors qu’elle me laissait m’affamer, comment pouvait-elle associer ses formes avec de la beauté. Qu’avait-elle en tête? Je ne l’ai jamais su car nous n’en avons absolument jamais parlé. Le poids était un tabou encore pire que le sexe dans ma famille. Tout le monde au régime mais surtout il ne fallait pas en parler, il fallait vivre avec ses souffrances sans les partager.

Je pense que le déclic a commencé à se faire quelques années plus tard, je devais avoir 17 ans, un mercredi après-midi je regardais Evelyne Thomas “ C’est mon choix“. Ne riez pas cette émission a été l’amorce de mon changement.

Evelyne Thomas avait invité  6 femmes rondes dans son émission pour montrer que l’on pouvait être rondes ou grosses et heureuses. Une notion tout à fait nouvelle dans ma tête, quelque chose d’impensable s’ouvrait tout à coup à moi. J’ai découvert 6 femmes qui défilaient avec leurs rondeurs, souriantes et pleines de vies, et prônaient une nouvelle “religion” l’acceptation de soi!!

J’ai toujours gardé ça au fond de ma tête et c’est d’ailleurs avec cet révélation que j’ai abordé le sujet avec ma maman, en lui disant: “Je vais faire comme ces femmes, je vais m’assumer!!” Ma mère me répond alors: “Mais arrête c’est n’importe quoi, si c’était si facile ma chérie, malheureusement ce n’est pas la réalité, les gens ne sont pas comme ça, je vois très bien comment est-ce qu’ils me regardent!

Vivre à travers le regard des autres!

Vivre et accrocher son bonheur à la moindres des oeillades en coin, sourires ou rires étouffés mal placés, forcément ces gens se moquent de moi. J’ai vécu les 5 ans années suivantes comme ça, à scruter ceux qui me regardaient de travers pendant que je m’époumonais à la salle de sport, en faisant mes courses ou tout simplement en me baladant dans la rue.

Toujours les régimes mais j’étais passées à l’étape suivante, les médicaments sous ordonnance!

A moi Xenical et  Reductil, je les aient emmené dans ma folle descente vers la dépression. J’allais de plus en plus mal.

Jusqu’au jour où un médecin m’a fait une promesse folle “dans 1 an vous aurez perdu vos 63 kg en trop“. Un an! 1 an pour une vie meilleure, une vie heureuse sans soucis, fini les pleures, fini les anti-depresseurs, les envies de mourir, fini les regards des autres! Un an et ma vie deviendra un paradis. Où dois-je signer?

A non pardon, où dois-je me fair opérer! Car oui il s’agit bien de se faire ouvrir le ventre et se faire poser un anneau autour de l’estomac, cet anneau est relié à un boîtier placé sous la peau que l’on peu serré ou desserré à sa guise, bref maigrir c’est simple comme un petit rond suédois que j’ai encore dans le ventre aujourd’hui.

Je me suis faite opérer 2 mois après mon premier entretien, j’étais prête à tout, j’ai oui à toutes les questions même si c’était faux, oui oui, vite vite je veux maigrir, oui je veux être heureuse!!

Six mois après l’opération, j’ai perdu 32 kg, j’étais devenue Madame Soupe, je ne me nourrissais plus que de ça, je comptais toutes les calories y compris ceux des Tic Tac, faire mes courses me prenaient 3 heures, je n’acceptais plus d’invitation, je n’allais plus au restaurant. Mes patients et mes collègues me complimentaient: “bravo! Ce que tu as maigri! Ce que tu es belle à présent! Comme ça te va bien! Alors t’as perdu combien”? Je n’existais plus qu’à travers mes kilos, j’avais enfin réussi à devenir ce que j’ai toujours redouté, je n’étais plus qu’une ombre dans un corps qui se dégonflait. J’ai alors sombré dans une profonde dépréssion.

Une dépréssion qui n’avait qu’un seul et unique but pour moi, disparaître.

J’ai tenté de disparaître… Mais sur cette terre j’avais encore trop de bonheur à vivre, on ne m’a pas laissé partir.

J’ai passé 17 ans de ma vie à vouloir me faire disparaître, 17 ans  pour une grosse fainéante c’est beaucoup quand même.

Puis j’ai commencé à me reconstruire, avec l’aide d’un psychiatre pendant 3 ans, j’ai fait ma connaissance. J’ai enfin accepté de me rencontrer, de savoir qui j’étais vraiment, ce que je voulais dans la vie, et ce que j’ai découvert m’a énormément plu!

Je me suis petit à petit apprivoisée, apprendre à aimer ce corps qui est le mien, cette enveloppe protectrice qui m’a permis d’être toujours en vie. Cela va vous paraître étrange mais j’ai réappris à me toucher, à me regarder dans un miroir avec de la sincérité.

Il y a 7 ans j’ai changé de vie, j’ai quitté ma Suisse natale, j’ai laissé tombé mon métier pour devenir ce que j’ai toujours rêvé d’être. Ce besoin de me réaliser moi-même, de m’écouter, de vivre pour moi, de devenir très égoïste, j’ai appris à me faire plaisir et surtout je ne vis plus à travers le regard des autres.

Mon corps est devenu un atout majeur dans ma vie, je l’aime sincèrement, j’ai énormément d’amour pour lui, il est imparfait mais j’aime l’imperfection de sa beauté.

Au même titre qu’il y a des grands, des petits, des gros, des minces, des roux, des blonds, des personnes à lunettes, la différence aujourd’hui n’est plus un frein à mon bonheur, au contraire il est un vecteur important dans ma vie, la différence est tellement moins ennuyante que l’uniformisation dans laquelle j’ai voulu à tout prix entrer.

Aujourd’hui je suis telle que je suis. Je m’aime parce que j’ai réussi à me trouver, j’ai réussi à devenir moi-même et non une personne formatée. Je ne revendique rien, juste le droit d’être soi, une femme libérée.

Je déteste quand on me dit que je m’assume, parce que je  ne vois pas pourquoi je devrais être dans cette démarche, je n’ai pas à m’assumer, je n’ai commis aucune faute, aucun sacrilège.

Qu’on arrête de ma bassiner avec la santé, je n’ai jamais été en aussi bonne santé depuis que j’ai arrêté de torturer mon corps avec des carences/excès alimentaires. Une immense victoire depuis 7 ans mon poids est stable ça n’était jamais arrivé, jamais! J’essaie aujourd’hui de me rééduquer face aux aliments, de ne plus les voir comme des ennemis, écouter ma faim, mes envies, mais aussi retrouver les sensations de satiété, me défaire des ordres maternelles comme ne plus finir mon assiette!! J’ai une nouvelle façon de manger qui n’a rien de révolutionnaire, qui ne fait grossir aucune entreprise pharmaceutique et qui ne demande aucun investissement financier.

Voici mes 4 règles que j’essaie d’appliquer et je peux vous dire que même si elles sont ultra simples, j’ai beaucoup de peine à les respecter à chaque repas:

  • Manger une bouchée à la fois et reposer les couverts sur la table pendant que je l’avale tranquillement.
  • Manger quand j’ai faim (et uniquement quand j’ai faim)
  • Ne pas finir mon assiette si je n’ai plus faim.
  • Mon repas doit durer 20 minutes minimum.

Mon apparence n’est plus ma seule de raison de vivre, aujourd’hui je n’aspire qu’à être fière de moi, à me réaliser et vivre ma vie avec le plus plaisir possible. Parce que je sais que la vie est bien trop courte pour la gâcher et perdre son temps avec des regards, des gens à qui on ne plaît.

Se plaire à soi même est un luxe que je peux me payer aujourd’hui, je ne laisserai dorénavant personne gâcher ce bien-être.

Sur ce blog j’essaie simplement de casser cette barrière que l’on peut avoir dans la mode à savoir qu’elle serait réservé à la taille 0.

Comme je le répète souvent, le style n’a rien à voir avec l’étiquette de la taille de vêtement que vous portez sur le dos, et arrêtons de croire que seule les minces ont accès à l’allure.

Nous ne vivons pas aux pays des bisounours et hélas aujourd’hui encore quand on dépasse la taille 44/46 il faut être encore plus imaginative et fouineuse que la modeuse lambda. Faire son shopping vestimentaire est encore un calvaire, internet a pour cela beaucoup ouvert le marché de la mode + size, et heureusement des pays moins frileux que la France comme l’Angleterre et les Etats Unis ont compris plus vite qu’il y a avait de l’argent à se faire.

Je me demande quand est-ce que la France va enfin comprendre ça, et savoir saisir cette source de revenu, arrêter de se barricader derrière cette image de la femme française mince, complètement obsolète, la taille 38 n’étant plus du tout la référence.

Si ma force de caractère, ma lucidité, mon passé et mon expérience peuvent aujourd’hui servir à quelque chose pour faire bouger les choses je le ferai. Jusqu’à aujourd’hui j’ai toujours répondu présente.

Mais j’ai aussi un immense ras le bol de tous ces numéros ou émissions “spécial rondes” autant que les éditions “spécial régimes“. Dorénavant je refuserai tous les demandes ne concernant que mon apparence physique.

Il est temps de comprendre que les femmes sont multiples, rondes, minces, grandes, petites, maigres, jolies, moins jolies, c’est tellement stupide de devoir le justifier pourtant regardez et lisez autour de vous, on se sent toujours obligé de cataloguer les gens, une manière de rassurer ceux qui se sentent faibles.

Voilà, je pense vous avoir tout raconté sur mon long parcours de l’acceptation de soi, j’ai essayé d’être le plus sincèrement possible et peut-être que ce long billet saura vous éclairer un peu plus si vous aussi vous cherchez à vous rencontrer.

Merci à toutes celles qui m’auront lu jusqu’à la fin de ce post un peu particulier, il est nécessaire parfois de baisser la garder.

Je vous embrasse toutes et du fond du coeur, vous êtes toujours plus nombreuses sur ce blog, un immense MERCI!

(english version here // version anglaise ici)

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