Archives - Catégorie : Mon blog

Posté par Stephanie Zwicky le 16 déc..

 

Voilà trop longtemps que je vous ai abandonné.

Aujourd’hui je ressens peu à peu le besoin et l’envie de reprendre le blog mais j’ai tourné la chose de mille manières je ne peux pas faire comme si de rien n’était…

Parce que je vous en parlé très souvent sur ce blog, elle fait partie indéniablement de celle que je suis devenue ici aussi car elle m’a inspiré depuis toujours. Finalement c’est un peu comme si vous la connaissiez aussi.

Le 3 décembre j’ai perdu subitement ma maman.

Le chagrin, le déchirement, la douleur que vous imaginez m’envahissent depuis, c’est dur, pour le moment insurmontable.

Même si je sais qu’il faut du temps pour que ces blessures s’apaisent, que peu à peu les bons souvenirs reprendront le dessus. Je le sais trop bien il m’a fallu beaucoup de temps après le décès de mon papa il y a 8 ans.

Je ne veux pas entrer dans le patos ce n’est pas le but et vous n’êtes pas ici pour ça. J’espère simplement que vous comprendrez cette étape. Merci à celles qui m’ont déjà envoyé des messages de soutien, à celles qui se sont inquiétées de mon absence, à celles qui ont simplement laissé un mot sur ma page Facebook.

Au delà de l’amour fou que j’ai pour ma maman, la tristesse suite à son décès est immense, et là c’est à moi seule de faire mon deuil avec ma famille.

Aujourd’hui j’ai envie de lui rendre un petit hommage stylistique ici parce que j’ai toujours eu le sentiment que je lui devait cette passion pour la mode.

Elle a été le déclencheur, le vecteur, une inspiration depuis le début. J’ai toujours admiré ses looks aussi longtemps que je m’en souvienne, avec les premières photos qu’elle me montrait d’elle, avec le puissant dressing qu’elle possédait dans ma maison d’enfance, avec ces virées shopping, ces explications et détails sur la mode depuis mon plus jeune âge. Cela fait partie de la multitude de choses que j’aimais partager avec elle.

Avec une maman comme ça je ne pouvais que devenir une folle de fringues.

Avant de reprendre les futilités de mes looks, je partage avec vous quelques photos de ma jolie maman qui manque déjà tellement à ma vie.

Merci ma douce, ma jolie maman, ma petite maman pour celle que je suis devenue.

Je t’aime.

“Quelqu’un meurt,
Et c’est comme un silence
Qui hurle.
Mais s’il nous aidait à entendre
La fragile musique de la vie…”

Posté par Stephanie Zwicky le 9 janv..

Je n’ai jamais fait de rétrospective sur ce blog depuis son existence et finalement c’est bien dommage. J’ai donc décidé de revenir sur l’année 2012 tout en looks, avec ce qui a compté pour moi.

2012 a été pour le blog une année très riche, vous avez été encore plus nombreuses à le visiter régulièrement et pour la première fois 2 billets ont remporté à 2 reprises près de 1000 commentaires.

Le premier billet dans lequel je revenais sur mon passé d’ex-junkie des régimes “Toi mon corps Je t’aime” qui a été lu plus de 50’000 fois la première semaine, depuis j’ai arrêté de compter, je ne pensais pas vous toucher autant avec ma petite histoire.

I never did any « OOTD retrospective » ever since the blog started and finally, I have to admit, it’s a kind of a lost. So I decided to go over all my looks from 2012 and especially on the ones that counted the most for me.

2012 has been a very fulfilling year, here on the blog, you were so many to come and visit and for the first time, two posts almost received a 1000 comments.

The first post was the one in which I spoke on how I manage to stop being always on a diet “ Toi mon corps Je t’aime”. This post has been read more than a 50 000 times the first week, since then I stopped counting, I couldn’t possibly imagine that my personal story would touch so many persons.

Et bien entendu, 2012 et l’annonce de mon heureux événement “Ma plus belle année” , deux jolis billets qui ne me font absolument pas regretter de me livrer de temps en temps à vous, ici sur ce blog qui m’est cher.

Au milieu des looks, des personnes qui ont compté, qui ont contribué à cette jolie année. Tout cela fait que j’ai encore plus envie de surpasser 2012 en 2013, sacré défi, allez je tente de le relever!

Et vous, et vous, et vous.

And of course, 2012 and my so happy news in “Ma plus belle année”. Two cute posts which comfort me in sharing with you a bit of my personal life, time to time, here on this blog which is so dear to me.

Between the OOTD, people that counted a lot to me, who contributed tho this great year. All this, makes me want to achieve even more in 2013, big challenge I have to admit but I’ll try to take it up! And you, will you?

Merci 2012 ♡

Thank you 2012

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Posté par Stephanie Zwicky le 28 déc..

Toi et moi
Deux coeurs qui se confondent
Au seuil de l’infini…

Charles Aznavour

Un petit lutin de 53 cm a volé mon coeur pour le garder à jamais.

Mon petit Lino est né le 22 décembre et je prends quelques jours pour me remettre et me consacrer entièrement à lui.

Un mot ou deux ici pour vous souhaiter à toutes de merveilleuses fêtes et une fin d’année en douceur. Prenez soin de vous, de vos proches et de vos familles.

A small, 53cm tall sprite stole my heart for him to keep forever…

My little Lino was born on December 22sd and I’m taking a few days off to take care of myself and dedicate all my time and energy to him.

Just a few words here to wish you all, merry holidays and a happy new year. Please take care of you and your beloved ones.

Je reviendrai en janvier avec de nouveaux looks, des surprises, des aventures, des voyages. Changée sans aucun doute, plus toute à fait la même, oserai-je dire que ce petit lutin me rend meilleure.

Merci pour cette année 2012, quand je vous disais que c’était “Ma plus belle année“…

I’ll be back in January with new outfits, surprises, adventures and journeys! I’m sure I will have change a bit, not really the same anymore… Would I dare to say that this little leprechaun of mine is making me better?

Thank you for this wonderful year that 2012 has been, like I was telling you it was “Ma plus belle année” (in English: my most beautiful year)…

Posté par Stephanie Zwicky le 27 juil..

La meilleure condition de travail, c’est les vacances.

Jean-Marie Gourio

Avant de pouvoir prononcer le mot vacances j’ai une dernière épreuve qui m’attend, mon déménagement. Et non des moindres, j’ai juste l’impression de déménager les archives du Vogue!

Donc dès aujourd’hui, plus de connexion internet, je “move” ma vie de l’autre côté de Paris dans un coin de paradis. Enfin il aura mérité le nom de Paradis une fois que tout sera installé, travaux terminés et que je pourrai déambuler entre les cartons dans risquer de perdre un orteil à chaque pas.

Pour me remettre de cette dernière étape et du bout de cette année, je m’exile en terre inconnue au milieu de nul part pour profiter de quelques jours de vacances. Un peu comme tout le monde, comme toi chère lectrice.

Before I can even think  of some vacation I have one last task that I have to do: my moving out. And it’s not a small one, I have the feeling I’m moving the archives of Vogue!

So starting today I won’t have any internet connection, I’m “moving” my life to the other side of Paris in what I call a small part of heaven. Well, it will earn this title as soon as everything is installed, the work is done and when I’ll be able to walk around the boxes without having the risk of losing one of my toes every time I take a step.

So to get my strength back from this last stage and also from this year’s work, I’m “exiling” myself in the middle of nowhere to enjoy some holidays. A bit like everybody, yes like you my dear readers.

Sur le blog aussi un peu de vacances, je dis bien: un peu, je vous entend déjà crier au scandale mais je promets de ne pas vous abandonner totalement. Mais cette année j’ai vraiment besoin d’un vrai break, une pause parce que je ne vais pas faire de mystère je suis au bout du rouleau.

Concrètement il y aura toujours quelques billets, des tenues, des photos mais moins de contenus et plus trop de blabla. A la place de mes quelques lignes je vous conseille en fond sonore l’orchestre philharmonique des cigales c’est bien mieux.

La première fois en 7 ans que je vais programmer ma boîte mail avec un message automatique d’absence. Folie!

Je serai certainement active sur Instagram’ parce que j’adore photographier tout et n’importe quoi, surtout en vacances, donc si ça vous tente de me suivre je suis sous mon nom: stephaniezwicky  ou alors sur webstagram ici.

So on the blog there’s going to be a bit of holidays also and I do mean: a little. I already hear your cries of disagreements but I promise I won’t leave you without a bit of updates. But, truly, this year I need to have some time for me, to have a real break as I won’t keep this a secret, I’m exhausted.

So clearly, there’s still going to be some posts about OOTD, photos, but less contents and less chit chat. Instead of these few lines I suggest you listen to “philharmonic orchestra of the cicadas”, it’s so much worth it.

It’s the first time in 7 years I have set my mail box with an automatic message of absence: insane I’m telling you!

I think I’ll be present on Instagram’ as I love to take photos of everything, so if you want you can follow me under the name: stephaniezwicky or on webstagram here.

Au repos total, je m’en vais reposer la bête (de mode) qui est en moi et accessoirement la bête à poil qui m’accompagne qui rêve elle aussi de pouvoir dégourdir ses coussinets dans les près et vivre sans laisse ni collier pendant 15 jours.

Je vous souhaite de magnifiques vacances pour celles qui s’en vont, pour celles qui restent chez elles aussi mais prenez le temps de décompresser. Et courage aux travailleurs aoûtiens!

Rendez-vous dans 15 jours, en grande forme, avec des tas de projets à vous présenter, des surprises, des tenues, des cadeaux, bref tout ce qui se passe habituellement sur le blog mais en mieux!

So it’s total rest for me, I’m letting the “fashion guru” (inside me!!) rest and additionally the fluffy companion of mine who dreams to run free in the meadow without a leash for the 15 upcoming days!

I wish you all have great vacations and for the ones who stay home please take some time to relax. And a special thought for the ones working in August!

Let’s meet here in 15 days, full of energy! I have tons of new project to tell you about, some surprises, outfits, gifts, etc. To summarize: the regular going on here on the blog but in even better!

Mes voisins vous embrassent…

My neighbors blow you a kiss…

Bonnes vacances!!

Happy holidays to everybody!!

Ps/ il y a toujours le concours Passionata et une jolie parure Jolies Courbes à gagner ici

PS: the Passionata’s competition is still open: try your luck and maybe win a beautiful lingerie set from Jolies Courbes here.

Posté par Stephanie Zwicky le 19 mars.

Le style n’est pas une taille
mais une attitude

(english version here // version anglaise ici)

ENGLISH VERSION HERE

Il fallait bien que je finisse par l’écrire un jour ce billet. Mais j’ai longtemps attendu, parce que je ne veux pas qu’il soit lu comme une justification, ni comme une revendication, encore moins un pathos.

Sur ce blog je n’ai jamais prôné le surpoids, je n’ai jamais dit que c’était formidable d’être ronde ou grosse. Jamais, parce que ce n’est pas ce que je pense. Je ne suis pas militante, je ne suis pas ambassadrice, je suis simplement moi et c’est déjà ça.

La question que l’on me pose le plus souvent est “comment fais-tu pour t’assumer”? Et vous allez peut-être trouvé ça bizarre mais je trouve que c’est la question la plus stupide que l’on puisse me demander, et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

Ce n’est pas un secret j’ai derrière moi un passé de régimeuse classique, à savoir que déjà bien avant mon adolescence j’ai commencé à vouloir maigrir. Non pas que je fus très grosse à cette époque mais mes rondeurs de femmes précoces ont très vite été confondues avec le surpoids, et un jour un médecin a prononcé le mot qui a tout changé dans ma vie : ” Tu es obèse”. J’étais seule quand j’ai reçu ça en pleine figure, j’avais 12 ans et je suis rentrée chez moi en pleurant toutes les larmes de mon corps comme si on venait de m’annoncer que j’allais mourir.

Depuis ce jour, j’ai tout fait, absolument tout pour me débarrasser de mes kilos en trop, j’ai pris très tôt des coupes faim que je volais à ma mère. J’ai même pris des sortes d’éponges qui étaient censées gonfler dans l’estomac et vous couper la faim, bref j’ai copié l’exemple de ce que ma maman me montrait tous les jours, à savoir une femme mal dans son corps trop rond et en perpétuel recherche de beauté.

J’ai tout connu, les livres de régimes, les pilules miracles, la mono alimentation ( le régime vert, on ne mange que des aliments verts, le régime oeuf épinards à tous les repas y compris le matin, le régime crudité..), les méthodes 3 jours, 6 jours, 3 mois… Je suis devenue une obsédée de la nourriture. Moi qui aimait manger les délicieux repas que me préparait mon papa avec amour sont devenus du jour au lendemain mes pires ennemis.

A l’âge de 12 ans je suis devenue la parfaite petite junkie des régimes!

A 15 ans, j’en étais déjà à mon 10ème régime, j’ai perdu, j’ai repris le double. Pourtant je n’étais toujours pas grosse. Je me souviens que j’avais 5 kg de différence avec ma meilleure amie. Mais elle n’avait pas de seins, moi si, elle n’avait pas de hanches, moi si, elle n’avait pas de cuisses, moi si.

Le regard des hommes plus âgés s’est très vite posé sur moi, c’est plus tard que j’ai compris pourquoi! A 16 ans je rentrais facilement en boîte de nuit parce qu’on me donnait 18 ans, dans leurs yeux j’étais une femme désirable avec ses formes. Pour moi je n’étais qu’une rondouillarde qui devait maigrir.

Ma mère s’est mise très tôt à m’inscrire à de nombreux concours de beauté et m’a fait devenir modèle photo. J’avais ça dans le sang, j’aimais poser, en vacances les photographes sur les plages s’arrêtaient des heures car je jouais la starlette, je tapais la pose façon pin up alors que je n’étais qu’une enfant. J’ai participé à des élections de Miss.. miss machin, miss truc et même Miss OK!

J’ai remporté la demie finale pour la Suisse et je me suis retrouvée avec Flavie Flament cette année là pour la grande finale de Miss OK Podium… Sauf que non, j’avais menti sur mon poids, je pesais à cette époque 6 kg de plus que Flavie et me retrouver parmi d’autres filles plus minces que moi m’était alors insupportable.

Je vous passe le reste de mon adolescence, elle ne fut que course aux kilos, du mal être. C’était le chaos en moi pourtant à l’extérieur j’étais belle, souriante et pleine de vie. Personne n’imaginait à quel point je souffrais.

Le summum fut certainement la fois où une des mes pires ennemis, jalouse parce que je lui avais piqué son petit copain, est venue taguer le container à poubelles devant chez moi avec ces mots: ” ton profil c’est les Alpes!! ” et un immense dessin de mes seins, mon ventre et mes cuisses.

Mon père a vite tout effacé mais le mal était déjà fait, j’étais blessée au plus profond de mon âme et dans ma tête je suis passée dans le camp de la “Grosse”.

Aujourd’hui je me rends compte à quel point tout cela était stupide, que si j’avais été plus dure et plus préparée à ça je l’aurais peut-être encaissé différemment. Mais l’adolescence est une période d’immense fragilité, même si on se sent prêt à abattre des montagnes, intérieurement c’est faux, nous ne sommes encore que des enfants fragiles. J’avais besoin de ma maman, j’aurais eu besoin qu’elle me dise que tout cela n’était pas grave, que mon corps allait changer, mais elle était à ce moment encore plus perdue que moi. Elle ne m’a jamais freiné quand elle me voyait au régime, je lui renvoyais sa propre image, je lui ressemble tellement que je comprends que tout cela a du être très perturbant pour elle aussi.

Ce qui a fait la différence ce sont les mots de ma maman, elle me répétait sans cesse :” Tu es si belle“. Ces mots glissaient sur moi à l’époque, je ne comprenais pas pourquoi elle me trouvait jolie alors qu’elle me laissait m’affamer, comment pouvait-elle associer ses formes avec de la beauté. Qu’avait-elle en tête? Je ne l’ai jamais su car nous n’en avons absolument jamais parlé. Le poids était un tabou encore pire que le sexe dans ma famille. Tout le monde au régime mais surtout il ne fallait pas en parler, il fallait vivre avec ses souffrances sans les partager.

Je pense que le déclic a commencé à se faire quelques années plus tard, je devais avoir 17 ans, un mercredi après-midi je regardais Evelyne Thomas “ C’est mon choix“. Ne riez pas cette émission a été l’amorce de mon changement.

Evelyne Thomas avait invité  6 femmes rondes dans son émission pour montrer que l’on pouvait être rondes ou grosses et heureuses. Une notion tout à fait nouvelle dans ma tête, quelque chose d’impensable s’ouvrait tout à coup à moi. J’ai découvert 6 femmes qui défilaient avec leurs rondeurs, souriantes et pleines de vies, et prônaient une nouvelle “religion” l’acceptation de soi!!

J’ai toujours gardé ça au fond de ma tête et c’est d’ailleurs avec cet révélation que j’ai abordé le sujet avec ma maman, en lui disant: “Je vais faire comme ces femmes, je vais m’assumer!!” Ma mère me répond alors: “Mais arrête c’est n’importe quoi, si c’était si facile ma chérie, malheureusement ce n’est pas la réalité, les gens ne sont pas comme ça, je vois très bien comment est-ce qu’ils me regardent!

Vivre à travers le regard des autres!

Vivre et accrocher son bonheur à la moindres des oeillades en coin, sourires ou rires étouffés mal placés, forcément ces gens se moquent de moi. J’ai vécu les 5 ans années suivantes comme ça, à scruter ceux qui me regardaient de travers pendant que je m’époumonais à la salle de sport, en faisant mes courses ou tout simplement en me baladant dans la rue.

Toujours les régimes mais j’étais passées à l’étape suivante, les médicaments sous ordonnance!

A moi Xenical et  Reductil, je les aient emmené dans ma folle descente vers la dépression. J’allais de plus en plus mal.

Jusqu’au jour où un médecin m’a fait une promesse folle “dans 1 an vous aurez perdu vos 63 kg en trop“. Un an! 1 an pour une vie meilleure, une vie heureuse sans soucis, fini les pleures, fini les anti-depresseurs, les envies de mourir, fini les regards des autres! Un an et ma vie deviendra un paradis. Où dois-je signer?

A non pardon, où dois-je me fair opérer! Car oui il s’agit bien de se faire ouvrir le ventre et se faire poser un anneau autour de l’estomac, cet anneau est relié à un boîtier placé sous la peau que l’on peu serré ou desserré à sa guise, bref maigrir c’est simple comme un petit rond suédois que j’ai encore dans le ventre aujourd’hui.

Je me suis faite opérer 2 mois après mon premier entretien, j’étais prête à tout, j’ai oui à toutes les questions même si c’était faux, oui oui, vite vite je veux maigrir, oui je veux être heureuse!!

Six mois après l’opération, j’ai perdu 32 kg, j’étais devenue Madame Soupe, je ne me nourrissais plus que de ça, je comptais toutes les calories y compris ceux des Tic Tac, faire mes courses me prenaient 3 heures, je n’acceptais plus d’invitation, je n’allais plus au restaurant. Mes patients et mes collègues me complimentaient: “bravo! Ce que tu as maigri! Ce que tu es belle à présent! Comme ça te va bien! Alors t’as perdu combien”? Je n’existais plus qu’à travers mes kilos, j’avais enfin réussi à devenir ce que j’ai toujours redouté, je n’étais plus qu’une ombre dans un corps qui se dégonflait. J’ai alors sombré dans une profonde dépréssion.

Une dépréssion qui n’avait qu’un seul et unique but pour moi, disparaître.

J’ai tenté de disparaître… Mais sur cette terre j’avais encore trop de bonheur à vivre, on ne m’a pas laissé partir.

J’ai passé 17 ans de ma vie à vouloir me faire disparaître, 17 ans  pour une grosse fainéante c’est beaucoup quand même.

Puis j’ai commencé à me reconstruire, avec l’aide d’un psychiatre pendant 3 ans, j’ai fait ma connaissance. J’ai enfin accepté de me rencontrer, de savoir qui j’étais vraiment, ce que je voulais dans la vie, et ce que j’ai découvert m’a énormément plu!

Je me suis petit à petit apprivoisée, apprendre à aimer ce corps qui est le mien, cette enveloppe protectrice qui m’a permis d’être toujours en vie. Cela va vous paraître étrange mais j’ai réappris à me toucher, à me regarder dans un miroir avec de la sincérité.

Il y a 7 ans j’ai changé de vie, j’ai quitté ma Suisse natale, j’ai laissé tombé mon métier pour devenir ce que j’ai toujours rêvé d’être. Ce besoin de me réaliser moi-même, de m’écouter, de vivre pour moi, de devenir très égoïste, j’ai appris à me faire plaisir et surtout je ne vis plus à travers le regard des autres.

Mon corps est devenu un atout majeur dans ma vie, je l’aime sincèrement, j’ai énormément d’amour pour lui, il est imparfait mais j’aime l’imperfection de sa beauté.

Au même titre qu’il y a des grands, des petits, des gros, des minces, des roux, des blonds, des personnes à lunettes, la différence aujourd’hui n’est plus un frein à mon bonheur, au contraire il est un vecteur important dans ma vie, la différence est tellement moins ennuyante que l’uniformisation dans laquelle j’ai voulu à tout prix entrer.

Aujourd’hui je suis telle que je suis. Je m’aime parce que j’ai réussi à me trouver, j’ai réussi à devenir moi-même et non une personne formatée. Je ne revendique rien, juste le droit d’être soi, une femme libérée.

Je déteste quand on me dit que je m’assume, parce que je  ne vois pas pourquoi je devrais être dans cette démarche, je n’ai pas à m’assumer, je n’ai commis aucune faute, aucun sacrilège.

Qu’on arrête de ma bassiner avec la santé, je n’ai jamais été en aussi bonne santé depuis que j’ai arrêté de torturer mon corps avec des carences/excès alimentaires. Une immense victoire depuis 7 ans mon poids est stable ça n’était jamais arrivé, jamais! J’essaie aujourd’hui de me rééduquer face aux aliments, de ne plus les voir comme des ennemis, écouter ma faim, mes envies, mais aussi retrouver les sensations de satiété, me défaire des ordres maternelles comme ne plus finir mon assiette!! J’ai une nouvelle façon de manger qui n’a rien de révolutionnaire, qui ne fait grossir aucune entreprise pharmaceutique et qui ne demande aucun investissement financier.

Voici mes 4 règles que j’essaie d’appliquer et je peux vous dire que même si elles sont ultra simples, j’ai beaucoup de peine à les respecter à chaque repas:

  • Manger une bouchée à la fois et reposer les couverts sur la table pendant que je l’avale tranquillement.
  • Manger quand j’ai faim (et uniquement quand j’ai faim)
  • Ne pas finir mon assiette si je n’ai plus faim.
  • Mon repas doit durer 20 minutes minimum.

Mon apparence n’est plus ma seule de raison de vivre, aujourd’hui je n’aspire qu’à être fière de moi, à me réaliser et vivre ma vie avec le plus plaisir possible. Parce que je sais que la vie est bien trop courte pour la gâcher et perdre son temps avec des regards, des gens à qui on ne plaît.

Se plaire à soi même est un luxe que je peux me payer aujourd’hui, je ne laisserai dorénavant personne gâcher ce bien-être.

Sur ce blog j’essaie simplement de casser cette barrière que l’on peut avoir dans la mode à savoir qu’elle serait réservé à la taille 0.

Comme je le répète souvent, le style n’a rien à voir avec l’étiquette de la taille de vêtement que vous portez sur le dos, et arrêtons de croire que seule les minces ont accès à l’allure.

Nous ne vivons pas aux pays des bisounours et hélas aujourd’hui encore quand on dépasse la taille 44/46 il faut être encore plus imaginative et fouineuse que la modeuse lambda. Faire son shopping vestimentaire est encore un calvaire, internet a pour cela beaucoup ouvert le marché de la mode + size, et heureusement des pays moins frileux que la France comme l’Angleterre et les Etats Unis ont compris plus vite qu’il y a avait de l’argent à se faire.

Je me demande quand est-ce que la France va enfin comprendre ça, et savoir saisir cette source de revenu, arrêter de se barricader derrière cette image de la femme française mince, complètement obsolète, la taille 38 n’étant plus du tout la référence.

Si ma force de caractère, ma lucidité, mon passé et mon expérience peuvent aujourd’hui servir à quelque chose pour faire bouger les choses je le ferai. Jusqu’à aujourd’hui j’ai toujours répondu présente.

Mais j’ai aussi un immense ras le bol de tous ces numéros ou émissions “spécial rondes” autant que les éditions “spécial régimes“. Dorénavant je refuserai tous les demandes ne concernant que mon apparence physique.

Il est temps de comprendre que les femmes sont multiples, rondes, minces, grandes, petites, maigres, jolies, moins jolies, c’est tellement stupide de devoir le justifier pourtant regardez et lisez autour de vous, on se sent toujours obligé de cataloguer les gens, une manière de rassurer ceux qui se sentent faibles.

Voilà, je pense vous avoir tout raconté sur mon long parcours de l’acceptation de soi, j’ai essayé d’être le plus sincèrement possible et peut-être que ce long billet saura vous éclairer un peu plus si vous aussi vous cherchez à vous rencontrer.

Merci à toutes celles qui m’auront lu jusqu’à la fin de ce post un peu particulier, il est nécessaire parfois de baisser la garder.

Je vous embrasse toutes et du fond du coeur, vous êtes toujours plus nombreuses sur ce blog, un immense MERCI!

(english version here // version anglaise ici)

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